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Moselle
Pas de réhabilitation du camp du Ban-Saint-Jean à Denting en Moselle (par J.Ch.)
Prenant en compte la légitime interrogation de la Communauté ukrainienne de l'Est de la France quant à l'entretien et au devenir du camp du Ban-Saint-Jean sur la commune de Denting (Moselle) où sont morts des milliers d'Ukrainiens alors prisonniers de guerre soviétiques, Monsieur Michel Liebgott, ancien député socialiste de la 10e circonscription de Moselle (1997-2002), avait interrogé le Secrétaire d'Etat aux anciens combattants sur le devenir de ce lieu de mémoire commune franco-ukrainienne.
La question écrite (N° 8891) parue au Journal Officiel de la République Française le 16 décembre 2002, page 4880 :
"M. Michel Liebgott interroge M. le Secrétaire d'Etat aux anciens combattants sur le camp de prisonniers du Ban-Saint-Jean (commune de Denting, Moselle).
Entre 1941 et 1944, près de 22 000 prisonniers de guerre soviétiques, dont une grande majorité d'Ukrainiens, ont été incarcérés dans ce camp et y ont trouvé la mort. Deux cent quatre fosses communes avaient été dénombrées sur place. L'emplacement du charnier avait été cédé gracieusement à l'Union soviétique pour quatre-vingt-dix-neuf ans. Toute la communauté ukrainienne de l'Est de la France avait à coeur d'entretenir la mémoire de ce lieu, mais le site a été finalement "gommé" et oublié.
Ce camp, aujourd'hui à l'abandon, reste toujours un terrain militaire. Plusieurs associations du monde combattant et la communauté orthodoxe ukrainienne ont d'ores et déjà fait la demande de réhabilitation du site pour lui rendre sa vocation de mémoire de ce qu'ont vécu ces 22 000 prisonniers. Le gouvernement précédent s'était engagé en janvier 2001 à apporter une réponse positive. Or, à ce jour, les associations demandeuses n'ont toujours pas eu de réponse définitive. C'est pourquoi, il luidemande son opinion sur cette question et, le cas échéant, il lui demande de lui préciser l'échéancier de réalisation de cet important projet entrant dans le devoir de mémoire et de reconnaissance que nous appelons tous de nos voeux."
La réponse de Monsieur Hamlaoui Mekachera, Secrétaire d'Etat aux anciens combattants, parue au Journal Officiel de la République Française du 17 février 2003, page 1213 :
"L'honorable parlementaire a bien voulu évoquer le devoir de mémoire concernant la tragédie des prisonniers russes et ukrainiens morts et ensevelis sur le site du camp de Ban-Saint-Jean à Denting (Moselle) au cours de la Seconde Guerre mondiale. Ce site a en effet vu, au cours du dernier conflit mondial, l'implantation d'un camp d'internement de prisonniers originaires de différentes régions de l'Union soviétique, en particulier d'Ukraine. Nombre d'entre eux y sont décédés et ont été ensevelis dans des fosses. Dès la fin de la guerre, une reconnaissance du terrain a révélé l'existence de 206 de ces fosses regroupées sur une superficie d'environ 5 000 mètres carrés. Ce terrain a été placé sous la responsabilité de l'Etat qui l'a fait clôturer et aménager, son entretien a ensuite été confié par contrat à un représentant de l'Union des travailleurs ukrainiens en France. A la fin des années 1970, il a été décidé de regrouper dans une nécropole spécialement créée à cette fin, à Noyers-Saint-Martin (Oise), les restes mortels des prisonniers soviétiques épars sur le territoire français. C'est ainsi que des fouilles préalables à l'opération de transfert ont été organisées en 1979 sur le site de Ban-Saint-Jean. Lorsque toutes les fosses ont été ouvertes, en 1979 et 1980, les recherches ont permis de retrouver 2 879 corps qui ont été inhumés à Noyers-Saint-Martin. Si le site de Ban-Saint-Jean a été désaffecté à l'issue de ces fouilles, un projet consistant à installer une stèle commémorative sur l'emplacement de l'ancien cimetière du camp, est actuellement à l'étude. Le souvenir de ces victimes est également évoqué dans la nécropole de Noyers-Saint-Martin, où un grand monument a été érigé à l'initiative de la Fédération de Russie. Cette oeuvre a été inaugurée le 22 juin 2002, à l'occasion de l'anniversaire de l'agression allemande contre l'Union soviétique, en présence des autorités françaises et des représentants des pays qui composaient l'ancienne URSS."
Documentation sur le camp du Ban-Saint-Jean :
Sur le site (pas de nom d'auteur) le "Camp du Ban-Saint-Jean", on peut voir quelques photographies de l'époque et de l'état actuel du lieu mais on ne retiendra pas le texte trop sommaire.
Une page d'un autre site évoque les oubliés du camp et présente de nombreuses photographies du camp aujourd'hui.
Pour une bonne connaissance de l'histoire du camp accompagnée de nombreuses illustrations, on lira l'unique ouvrage consacré au Camp du Ban-Saint-Jean :
Gabriel Becker
Le camp du Ban-Saint-Jean (1941-1944). Lumière sur une honte enf(o)uie
Fensh Vallée Editions, Knutange, 2001
En Lorraine, le quotidien local, le Lorrain républicain, a publié en novembre 2001, "L'hommage rendu aux victimes ukrainiennes" et "Hier à Boulay : Une plaque pour les victimes ukrainiennes". (Dates exactes non connues par la rédaction d'Ukraine Europe).
Enfin, Katchka N°6 de décembre 2001, mensuel francophone du monde ukrainien (aujourd'hui disparu) proposé par l'Union des étudiants ukrainiens en France, a publié une page sur le camp rédigée à partir du livre Le camp du Ban-Saint-Jean (1941-1944). Lumière sur une honte enf(o)uie de Monsieur Gabriel Becker.
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