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1933-22 novembre 2008: 75e anniversaire du Holodomor (par SUI)
"Je demande à tous ceux qui ne sont pas indifférents aux sentiments de miséricorde,
de compassion et de justice, qui croient en la victoire du bien sur le mal,
d'allumer leurs propres bougies du souvenir et de se joindre à nous en
l'honneur des victimes du Holodomor. "
Président Viktor Iouchtchenko, Kyiv, 22 novembre 2008
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Conférences du professeur Antoine Arjakovsky en France (par l'UFOU)
Le Professeur Antoine Arjakovsky, docteur en Histoire de l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS) à Paris, est un laïc orthodoxe français installé en Ukraine depuis 1998. Après avoir travaillé entre 1989 et 2002 pour le Ministère français des Affaires Etrangères à l'Ambassade de France à Moscou puis à celle de Kyiv, il a créé en 2005 un Institut d'Etudes oecuméniques au sein de l'Université Catholique d'Ukraine. Cet Institut vient de réaliser deux films documentaires en langue française intitulés "La Bonne Nouvelle" et "Pour un oecuménisme de l'amour". Il se prépare à créér en 2009 la première Chaire en études oecuméniques sur tout le territoire de l'ex-URSS. Pour tous renseignements : www.ucu.edu.ua/fr ou www.ecumenicalstudies.org.ua
Les conférences du Professeur Antoine Arjakovsky en novembre 2008 en France
Jeudi 20 Novembre 2008 à 9h30 - Lyon (Rhône)
Institut des Droits de l'Homme
Université Catholique de Lyon
23, place Carnot
Lyon (Rhône)
"Géopolitique de l'Ukraine : une approche oecuménique"
http://www.univ-catholyon.fr/IDH/0/fiche___defaultstructureksup/&RH=1188919485416
Jeudi 20 Novembre 2008 à 16h30 - Lyon (Rhône)
Institut Saint-Irénée
2 place Docteur Gailleton
Lyon (Rhône)
" Avancées de l'oecuménisme: la création de la première Chaire en études oecuméniques sur le territoire de l'ex-URSS " (Entrée libre)
http://www.oecumenisme.info/
Dimanche 23 Novembre 2008 à 14h00 - Lyon (Rhône)
Semaine Sociale de France
Centre des Congrès
Quai Charles de Gaulle
Lyon (Rhône)
" Participation à la table-ronde avec le cardinal Philippe Barbarin, le pasteur Claude Baty, Bernard Lecomte et Jean-Claude Escaffit : Les conditions d'une présence chrétienne dans la société "
Inscriptions : http://www.ssf-fr.org/ssf
Lundi 24 Novembre 2008 à 20h30 - Bordeaux (Gironde)
Centre Louis Beaulieu
Eglise catholique en Gironde
145 rue Saint Genès
Bordeaux (Gironde)
"Construire la paix en Europe : Les outils de la formation oecuménique"
(Entrée libre )
http://catholique-bordeaux.cef.fr/users/site/web/index.php?page=Root&portlet=Annuaire&annuaire_id=9
Mardi 25 Novembre 2008 à 18h30 - Rennes (Ile et Vilaine)
Maison de l'Europe - Espace Ouest-France
10 place du Parlement de Bretagne
Rennes (Ile et Vilaine)
" L'Ukraine : quel avenir, quels enjeux ?" (Entrée libre)
http://www.maison-europe-rennes.org/programme_info.php3?id=171
EXCEPTIONNEL !
Vous pouvez déjà noter sur votre agenda 2009:
Vendredi 23 janvier 2009 en l'église de la Madeleine à Paris un concert de chants ukrainiens sera donné au profit de la création de la Chaire en études oecuméniques à l'Université Catholique d'Ukraine (Heure à préciser prochainement)
Mise en ligne le 14/11/2008
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Le Holodomor en Ukraine reconnu comme crime contre l'humanité (par le Parlement européen)
Le texte a été adopté jeudi sans amendement à une large majorité, les eurodéputés, réunis à Strasbourg, les groupes politiques du parlement s'étaient entendus sur la résolution à l'exception des communistes de la Gauche unitaire européenne (GUE).
Selon le quotidien Le Monde, l'eurodéputée allemande Rebecca Harms, du groupe des Verts assure que ce texte n'est "pas du tout" dirigé contre la Russie. Le plus important, pour elle, est l'accès aux archives car il s'agit d'encourager "le travail sur l'histoire qui doit être fait", même s'il y a "des gens en Russie qui ne veulent pas faire ce travail". Un travail urgent, note Mme Harms, car les survivants de cette tragédie peuvent encore aujourd'hui témoigner, alors que "dans 10 ans il sera trop tard".
Communiqué
Relations extérieures - 23-10-2008 - 14:45
Dans une résolution sur la commémoration de l'Holodomor, la famine artificielle survenue en Ukraine en 1932-1933 est décrite par les députés comme "un crime effroyable perpétré contre le peuple ukrainien et contre l'humanité".
L'intention d'extermination de la population paysanne ukrainienne, souvent attribuée aux autorités soviétiques dans cette famine, est discutée. Depuis le 28 novembre 2006, l'Ukraine a officiellement qualifié l'Holodomor de "génocide", prévoyant des peines pour négationnisme à l'encontre des personnes qui en discuteraient la nature. Quant au Parlement de Russie ou aux autorités du Kazakhstan, pays également touchés par la famine, ils rejettent les accusations de "génocide" délibéré.
D'après la résolution adoptée par le Parlement, la famine de l'Holodomor de 1932-1933, qui a fait des millions de morts en Ukraine, "a été planifiée de manière cynique et cruelle par le régime stalinien pour imposer la politique soviétique de collectivisation de l'agriculture contre la volonté de la population rurale d'Ukraine".
Les députés pensent que "la commémoration des crimes contre l'humanité perpétrés au cours de l'histoire de l'Europe devrait permettre d'éviter la répétition de crimes semblables à l'avenir" et soulignent que "l'intégration européenne se fonde sur la volonté de surmonter les évènements tragiques du XXème siècle et que cette réconciliation avec une histoire difficile ne dénote en rien un sentiment de culpabilité collective, mais qu'elle constitue une base solide sur laquelle il sera possible de construire un avenir européen commun fondé sur des valeurs communes".
Déclaration au peuple ukrainien
La résolution fait ainsi une "déclaration au peuple ukrainien, et notamment aux survivants de l'Holodomor qui sont toujours en vie, ainsi qu'aux familles et aux proches des victimes".
Le Parlement reconnaît l'Holodomor (famine provoquée artificiellement de 1932-1933 en Ukraine) comme un "crime effroyable perpétré contre le peuple ukrainien et contre l'humanité".
La résolution "condamne fermement ces actes commis contre la population rurale d'Ukraine, caractérisés par une extermination et des violations massives des droits de l'homme et des libertés".
Le Parlement exprime ensuite sa "sympathie à l'égard du peuple ukrainien victime de cette tragédie, et rend hommage à ceux qui sont décédés en conséquence de la famine artificielle de 1932-1933".
Les députés invitent enfin les États issus de l'éclatement de l'Union soviétique à "permettre un libre accès aux archives relatives à la grande famine d'Ukraine de 1932-1933, qui pourront être ainsi examinées en profondeur afin que toutes les causes et conséquences de l'Holodomor soient révélées et étudiées en détails".
Vous trouverez, dès sa disponibilité, le texte adopté tenant compte des amendements éventuels, à l'adresse ci-dessous, en cliquant dans le calendrier sur le jour du vote (23.10.2008).
REF.: 20081022IPR40408
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Le Président du Congrès mondial ukrainien écrit au Président Sarkozy (par le Congrès mondial ukrainien)
Montréal, le 30 août 2008
Monsieur Nicolas Sarkozy
Président de la République Française
Président du Conseil européen Palais de l’Élysée
55, rue du Faubourg Saint-Honoré
75008, Paris
Monsieur le Président,
Le Congrès mondial ukrainien est une association internationale représentant les intérêts d’environ vingt millions d’Ukrainiens résidants à l’extérieur de l’Ukraine dans une quarantaine de pays dans le monde. Fondé en 1967, le Congrès mondial ukrainien est membre du Conseil économique et social des Nations Unies avec un statut spécial consultatif.
Nous comprenons que vous avez convoqué, pour lundi prochain, une réunion extraordinaire du Conseil européen, pour discuter de la crise en Géorgie.
Comme vous le savez, les États participants à la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe, dont l’Union des Républiques socialistes soviétiques, ont adopté en 1975 à Helsinki une Déclaration concernant les questions relatives à la sécurité en Europe stipulant, entre autres, que :
« II. Non-recours à la menace ou à l’emploi de la force
Les Etats participants s’abstiennent dans leurs relations mutuelles, ainsi que dans leurs relations internationales en général, de recourir à la menace ou à l’emploi de la force, soit contre l’intégrité territoriale ou l’indépendance politique d’un Etat, soit de toute autre manière incompatible avec les buts des Nations Unies et la présente Déclaration. Aucune considération ne peut être invoquée pour servir à justifier le recours à la menace ou à l’emploi de la force en violation de ce principe.
En conséquence, les Etats participants s’abstiennent de tout acte constituant une menace d’emploi de la force ou un recours direct ou indirect à la force contre un autre Etat participant. De même ils s’abstiennent de toute manifestation de force visant à faire renoncer un autre Etat participant au plein exercice de ses droits souverains. De même, ils s’abstiennent aussi dans leurs relations mutuelles de tout acte de représailles par la force.
Aucune menace ou aucun emploi de la force de ce genre ne sera utilisé comme un moyen de résoudre les différends, ou les questions qui pourraient entraîner des différends entre eux.
III. Inviolabilité des frontières
Les Etats participants tiennent mutuellement pour inviolables toutes leurs frontières ainsi que celles de tous les États d’Europe et s’abstiennent donc maintenant et à l’avenir de tout attentat contre ces frontières.
En conséquence, ils s’abstiennent aussi de toute exigence ou de tout acte de mainmise sur tout ou partie du territoire d’un autre État participant.
IV. Intégrité Territoriale des Etats
Les Etats participants respectent l’intégrité territoriale de chacun des autres Etats participants.
En conséquence, ils s’abstiennent de tout acte incompatible avec les buts et principes de la Charte des Nations Unies contre l’intégrité territoriale, l’indépendance politique ou l’unité de tout Etat participant, et en particulier de toute action de ce genre représentant une menace ou un emploi de la force.
De même, les Etats participants s’abstiennent chacun de faire du territoire de l’un d’entre eux l’objet d’une occupation militaire ou d’autres mesures comportant un recours direct ou indirect à la force contrevenant au droit international, ou l’objet d’une acquisition au moyen de telles mesures ou de la menace de telles mesures. Aucune occupation ou acquisition de cette nature ne sera reconnue comme légale. »
Les récents événements en Géorgie démontrent que la Russie a violé impunément cette Déclaration sous le couvert d’une « opération de paix ».
Par conséquent, nous vous demandons de préconiser, lors de la réunion extraordinaire du Conseil européen, l’isolement de la Russie sur le plan européen tant que les militaires russes ne seront pas remplacés sur le sol géorgien par des observateurs militaires ou civils de l’Union Européenne.
De plus, nous désirons porter à votre attention que le président de l’Ukraine, l’honorable Viktor Iouchtchenko, a déclaré, lors du 17e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, le 24 août dernier, que :
« Nous devons accélérer notre travail pour obtenir l’adhésion au système général européen de sécurité et renforcer le potentiel de défense de notre pays. Tous ceux qui se soucient de l’Ukraine doivent le dire ouvertement : l’entrée dans le système de sécurité euro-atlantique est le seul moyen de protéger la vie et le bien-être de nos familles, de nos enfants et petits-enfants. » (Le Figaro, 25 août 2008, p. 6)
Nous vous prions également de faciliter l’entrée de l’Ukraine dans le système de sécurité euro-atlantique, ce qui freinerait les aspirations impérialistes de la Russie et assurerait une plus grande sécurité et stabilité en Europe.
Vous remerciant de l’attention que vous porterez à la présente, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments les plus distingués.
CONGRÈS MONDIAL UKRAINIEN
Eugène Czolij
Président
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Les 10 points de la doctrine impérialiste de Poutine (par SUI)
Depuis la guerre russe en Géorgie, on connaît désormais la doctrine Poutine qui se situe tout simplement dans la continuité de celle de Staline et de Brejnev avec quelques aménagements " humanitaires ".
Comme le rappelle fort bien le chercheur ukrainien Taras Kuzio sur son blog[1], il s'agit pour l'impérialisme russe de :
1-provoquer des conflits interethniques
2-entreprendre un nettoyage ethnique
3-Envoyer des troupes russes comme "gardiennes de la paix"
4-geler le conflit
5-distribuer des passeports russes
6-armer les séparatistes locaux
7-provoquer un conflit direct avec la république voisine directement concernée
8-intervenir militairement pour protéger et défendre "les citoyens russes"
9-encourager les séparatistes à l'autodétermination en faveur de l'indépendance
10-reconnaître l'indépendance des régions séparatistes par un vote de la Douma suivi de l'approbation du président
Si nécessaire, on peut rajouter à ces 10 points de la doctrine impérialiste russe, un onzième point. L'histoire des annexions staliniennes est là pour nous le rappeler: le vote enthousiaste de rattachement des régions séparatistes à la Russie.
La guerre russo-géorgienne a permis de mettre au jour la doctrine impérialiste russe que les esprits crédules, sous influence de la propagande et de la désinformation russes relayées par une certaine presse hypnotisée par des expressions comme "Russie démocratique" et "capitalisme russe", croyaient abandonnée depuis l'éclatement de l'URSS. Sur ce point, le mutisme de certains chroniqueurs trop bien intentionnés envers la Russie est éloquent.
Parallèlement, la Transnistrie et la Crimée, pour ne citer que ces régions, ont tous les ingrédients pour un scénario quasi identique dont certains des points énoncés par Taras Kuzio ont été mis à exécution.
Les "forces de la paix" de la XIVe armée soviétique en Transnistrie, aujourd'hui devenue armée russe, protègent actuellement les "citoyens russes" et les russophones de l' "état" croupion mafieux séparatiste de la Moldavie (Points 1 à 8).
En Crimée, outre l'ensemble de la péninsule revendiquée par les nationalistes russes, Sébastopol et la base navale russe constituent actuellement la pierre d'achoppement qui peut dégénérer d'un instant à l'autre voire s'étendre à l'est de l'Ukraine.
Les Russes de Crimée, essentiellement les militaires de la base navale et leurs familles et les descendants des colons russes (qui n'ont pas de double nationalité) sont à tout instant prêts à crier au nettoyage ethnique, à appeler au secours et finalement recevoir l'aide de la mère Russie. Le scénario est peut être en train de s'écrire dans la mesure où, aux demandes répétées de négociations de fin de mise à disposition de la base navale demandées par le président Iouchtchenko, les responsables russes restent sourds et muets, que les déclarations du maire de Moscou Iouri Loujkov et de la Douma indiquent la voie à suivre (récupérer la Crimée rattachée à l'Ukraine par Khrouchtchev le 19 février 1954) et que, comme le souligne Taras Kuzio, Ianoukovitch et le Parti de Régions, dans leur inféodation à la Russie poutinienne, déclarent que " l'Ukraine devrait soutenir la volonté d'indépendance des peuples d'Ossétie du sud et d'Abakhazie "[2], déclaration qui met ainsi fin à la doctrine d'intégrité territoriale, jusqu'alors ligne politique de tous responsables ukrainiens, présidents élus et députés des partis ukrainiens représentés à la Rada. Le Parti des Régions et son président nourrissent-ils un avenir séparé de Kyiv pour la Crimée et son fief ? A chaque période de tension, cette menace est récurrente mais aujourd'hui elle se fait plus aigüe. Le journal russe Nezavissimaïa Gazeta du 28 août 2008 n'écrirait-il pas de façon prémonitoire que "de nombreux experts préviennent que les dirigeants ukrainiens entrent dans un jeu qui leur est étranger et qui aura pour résultat le rétablissement du "rideau de fer", qui pourra non seulement passer par le territoire de l'Ukraine, mais menace carrément de diviser le pays en deux parties" ?
Dans un article publiée la veille, le 27 août 2008, dans le Financial Times, le président russe Medvedev fonde la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie par la prise " en compte [d]es souhaits exprimés librement par les peuples d'Ossétie et d'Abkhazie, et sur la base des principes de la charte des Nations unies et d'autres documents de droit international ". Le peuple tchétchène appréciera. Tout comme les accusations de génocide perpétré par les Géorgiens lancées par Poutine, ex président et premier ministre d'une Russie qui s'est toujours voulue continuatrice d'un empire soviétique meurtrier.
[1]Le blog de Taras Kuzio
[2]Le communiqué du Parti des Régions
Photographie X
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Apposition d'une plaque commémorant le Holodomor à Senlis (par Ivano)
Le 19 août 2008, à l'occasion du 75e anniversaire du Holodomor, la Grande Famine décidée par Staline et concrètement mise en oeuvre par les responsables russo-communistes au pouvoir comme, entre autres criminels, Viatcheslav Mikhaïlovitch Molotov, Lazare Moïsseïévitch Kaganovitch et Guenrikh Grigoriévitch Iagoda, la Municipalité de Senlis (Oise), ville dont le passé est lié avec celui de l'Ukraine, apposait une plaque commémorative du passage de la Flamme du Holodomor. En présence de S.E. Konstantin Tymoshenko, ambassadeur d'Ukraine en France et de personnalités du monde politique et associatif, M. Jean-Christophe Canter, maire et président de la communautés de communes du Pays de Senlis, prononçait le discours suivant:
"Parler de la famine aujourd'hui en France est difficile, pays où l'on a tout, où l'on mange à sa faim et même plus, où la préparation d'un repas est ancrée dans notre culture.
Oui il faut je crois faire un effort important pour s'imaginer ne plus pouvoir se délecter d'un repas et plus encore, ne pas avoir de quoi le faire.
Parler donc d'une famine en Europe il y a à peine 70 ans, cela nous semble peut-être encore plus abstrait, plus incroyable.
Alors comment est ce arrivé, dans un pays si proche du notre : l'UKRAINE, pays qui à cette époque était le grenier à blé de l'EUROPE ?
Je vous donne quelques éléments : ce fut une famine programmée et orchestrée par le régime soviétique, régime totalitaire qui commit les pires crimes et les pires atteintes à la liberté. Ce régime voulait briser la résistance nationale du peuple Ukrainien et pire faire affamer toute une population. Toutes les récoltes en Ukraine étaient exportées vers d'autres pays du bloc soviétique, et même les fonds de semences pour l'année suivante étaient confisqués.
(Pourquoi ? afin de briser tous ceux qui pouvaient constituer un contre pouvoir au soviétisme et au régime bolchevique en place. Voila la réalité du Holodomor.
Mais peut- être là encore cela ne dit plus rien aux jeunes générations : trop loin dans le temps, silence officiel; le travail de mémoire n'a notamment pas été fait : les crimes sont restés impunis.
Alors pardon pour l'image que je vais vous donner brutalement mais qui rappelle malheureusement la réalité des choses.
Je vous parle d'un homme qui a faim, qui a tellement faim qu'il y perd sa raison, son humanité, cet homme part à la recherche de nourriture et vole un enfant, il le vole pour le dévorer.
Maintenant, peut-être est-ce plus palpable ?
Je vous donne des chiffres concernant le nombre de victimes : entre 3 et 10 millions de morts en deux ans provoqués par la Grande Famine (chiffre difficile à connaître tant il règne encore une chape de plomb sur cette tragédie).
Alors cette tragédie nous l'appellerons comme nous voudrons, comme vous voudrez, mais ici à SENLIS nous ne l'oublierons plus. Nous penserons à ces milliers de victimes.
Nous ferons le travail de mémoire et je suis fier que Senlis ville où Anne de Kiev vécut et régna soit la première ville française à célébrer officiellement le Holodomor.
Merci pour votre présence.
Merci à cette nouvelle flamme de nous rappeler la mémoire de toutes ces victimes.
Si loin, si proche."
M.J.-C. Canter, maire de Senlis

Photographies: Mme Canter
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