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La croisade idéologique de la Russie contre l'Ukraine (Par Taras Kuzio)
Si l'on en croit un entretien avec l'ambassadeur ukrainien en Russie, Konstantyn Hrytchtchenko, les relations bilatérales de son pays avec la fédération russe sont tombées à leur plus bas niveau depuis la désintégration de l'Union Soviétique, ce qui témoigne du contrôle des medias par l'Etat russe et de sa croisade idéologique contre l'Ukraine (www.profil-ua.com, 6 juin). Le numéro du 20 mai dernier de l'hebdomadaire ukrainien, Glavred titrait : " Prenez-garde à l'Ukrainophobie ! ".
Le Centre Levada a récemment affirmé que 62% des Russes ont une image négative de l'Ukraine, juste derrière les Etats-Unis et la Géorgie. Au même moment, 91% des Ukrainiens faisaient part d'une opinion positive à l'égard de la Russie, reflet évident d'un pluralisme médiatique et de l'absence de propagande d'Etat dirigé contre la Russie.
Analysant ces sondages, le directeur du Centre des Etudes Politiques et Militaires de Kyiv a résumé ces relations dans les termes suivants : " Nous les aimons, mais eux ne nous aiment pas " (www.pravda.com.ua, 5 mai).
Les Services de Sécurité Ukrainiens (SBU) évoquent ouvertement la question de l'intensification des activités de renseignement russe à l'intérieur de l'Ukraine et le retour aux bonnes vieilles méthodes du KGB soviétique. Cette préoccupation a été exprimée par le patron du SBU, Valentyn Nalyvaytchenko qui estime que les membres du FSB au sein de la flotte de la Mer noire doivent se retirer de Crimée (www.radiosvoboda.org, 2 juin). Nalyvaytchenko expliquait qu'une des attributions du SBU est le contre-espionnage, et que de ce fait, il n'admettait pas que des hommes du FSB soient actifs dans la flotte russe
Les principaux suspects du meurtre du jeune étudiant Maksym Tchayka, membre de l'organisation nationaliste Sitch, à Odessa le 17 avril dernier, appartiennent à l'organisation d'extrême gauche Antifa (pour " antifasciste " - NDT) financée par le parti nationaliste russe Rodina . Le secrétariat de la présidence ukrainienne a demandé au SBU d'enquêter sur leurs activités pour mettre en évidence des liens éventuels avec " des organisations étrangères d'orientation anti-ukrainienne " (www.president.gov.ua, 22 avril). Le SBU a demandé au Ministère de la justice de voir s'il y avait des raisons de révoquer l'enregistrement de Rodina en Ukraine en arguant, entre autres choses, de leurs liens avec le crime organisé et de financements venus de l'étranger.Les suspects précités se sont enfuis en Russie.
Le conflit entre la Sitch et l'organisation Antifa a des racines anciennes et renvoie notamment à la controverse déclenchée lors de l'inauguration d'un monument représentant l'impératrice Catherine II de Russie à Odessa en octobre 2007.
L'ambassadeur Hrychtchenko a souligné qu'à l'opposée des ingérences constantes de la Russie en Ukraine, Kyiv n'avait pas protesté contre la glorification russe du Tsar Pierre le Grand et de la tsarine Catherine II, tous deux perçus très négativement sur la terre des cosaques zaporogues.
L'historiographie ukrainienne met en relation les deux monarques russes, destructeurs de l'Hetmanat autonome ukrainien à la fin du XVIIIème siècle avec la réorganisation des territoires ukrainiens en goubernia ainsi que l'introduction du servage et l'interdiction de la langue ukrainienne.
Le ministre des affaires étrangères russe s'arroge le droit de condamner l'inauguration de monuments dédiés aux figures de l'histoire ukrainienne. Par exemple, on peut citer celui qui sera élevé à la gloire du cosaque Ivan Mazepa le jour de l'indépendance (24 août) dans sa région natale de Poltava, à l'occasion du tricentenaire de la bataille du même nom qui a vu la défaite des forces ukraino-suédoises face à la Russie. Mazepa a bénéficié d'une réhabilitation en tant que héros de l'Ukraine indépendante et son visage figure sur les billets de 10 Hryvnia.
L'Eglise Orthodoxe Russe a frappé Mazepa d' " anathème ", celui-ci ayant déjà été condamné comme " traître " à l'unité russo-ukrainienne autant par les tsars que par les commissaires politiques bolcheviks.
Cette excommunication " majeure " a provoqué une rupture au sein même de l'Eglise Orthodoxe Ukrainienne (Patriarcat de Moscou) par l'entremise du métropolite Dmytrouk, responsable des relations extérieures au sein de l'Eglise, qui a soutenu les appels pressants pour mettre fin à cet anathème (www.pravda.com.ua, 26 mai).
La nouvelle historiographie russe incorpore de nouvelles figures du chauvinisme russe, comme le général blanc Anton Denikine. La référence récente du Premier ministre Vladimir Poutine à la description par Denikine de la Russie et l'Ukraine en tant que " Grande " et " Petite " Russie, montre bien à quel point ces visions russes de l'Ukraine sont solidement enracinées.
L'usage du terme " Petite Russie " par Poutine a provoqué la fureur de toutes les strates de l'opinion ukrainienne. Ainsi que le soulignent les historiens ukrainiens, Dénikine haïssait davantage le " séparatisme ukrainien " que les Bolcheviks, et cela le mena à sa perte.
Sa marche sur Moscou fut contrecarrée par les insurrections en Ukraine, où ses troupes semèrent la terreur envers tout ce qui ressemblait à un Ukrainien (www.unian.net, 28 mai).
Les souvenirs d'émigrés russes blancs publiés en Occident après la Révolution russe décrivaient le " séparatisme ukrainien " comme un complot " autrichien " contre la Russie.
Le " séparatisme ukrainien " des années 90 est devenu un " complot occidental ", alors que les deux tiers des Russes étaient persuadés en janvier 2005 que la Révolution Orange était une " conspiration américaine " (voir la recension critique d'un récent livre anti-ukrainien intitulé en référence au traditionnel lard de porc, Le Salo américain et signé par un certain O. Volia " liberté " en ukrainien, - NDT- in www.unian.net, 29 mai) .
Ces conceptions d'une Ukraine " artificielle " et " fragile " restent profondément ancrées dans la mentalité russe et expliquent la campagne orchestrée par les autorités dépeignant l'Ukraine comme un " Etat défaillant " (failed state) qui requiert une supervision internationale. Poutine a décrit l'Ukraine comme une entité " artificielle " avec des terres données par la Russie et l'URSS, au cours de son discours lors du Conseil OTAN-Russie de Bucarest en avril 2008. Le numéro du Rouskyi Journal, publication appartenant au fameux spin doctor russe Gleb Pavlovski, daté du 16 mars, s'interrogeait sur le fait de savoir " si l'Ukraine allait perdre sa souveraineté ? ".
L'ancien ambassadeur d'Ukraine aux Etats-Unis, Youriy Chtcherbak a écrit une analyse fouillée de la campagne mise en place par des officiels russes de haut rang. Il est persuadé que leur objectif est de mettre en place " une propagande idéologique de soutien à une opération destinée à s'emparer de territoires appartenant à un état souverain " (www.day.ua, 26 mai).
L'un des officiels russes désignés par Chtcherbak n'est autre que le directeur de l'Institut des pays de la C.E.I., Konstantin Zatouline, qui a dernièrement appelé la Russie à mettre les Russes ethniques d'Ukraine " sur le même plan que l'armée, la flotte et l'Eglise " (www.russkie.org). Zatouline s'est encore vu refuser son entrée en Ukraine à l'aéroport de Simféropol. Le porte-parole du SBU a expliqué que Zatouline demeurait sur la liste des personnes non grata en Ukraine.
Plus significativement, la position adoptée par le SBU sur cette question est très claire : " Indépendamment de la nationalité et des propos tenus, il n'y a pas de place en Ukraine pour les séparatistes et les extrémistes " (www.pravda.com.ua, 6 juin).
Dans leur lancée pour recoller les morceaux avec la Russie après son intrusion en Géorgie et l'élection de barack Obama, Bruxelles et Washington ont ignoré la croisade idéologique de la Russie contre l'Ukraine. Ils devraient tenir compte de l'avertissement de l'ambassadeur Chtcherbak, qui pense que l'objectif final de la Russie est de " détruire l'Etat ukrainien " (www.day.ua, 26 mai).
Article publié dans le journal Eurasia Daily Monitor, Volume 6, n°113, juin 2009.
Traduit de l'Anglais par Taras Matviytchouk.
Les lecteurs ukrainophones pourront se reporter utilement au petit opuscule de Viktor Roh
Віктор Рог:УКРАЇНОФОБІЯ: «П’ята колона» та її ляльководи
Замовлення на книгу можна зробити за адресою: 01034 м. Київ, вул. Ярославів Вал, 9, пом. 4, Тел: 8(044) 234-70-20
(http://www.ukrnationalism.org.ua/publications/?n=1573)
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6 questions à Alexander Zavadetsky, associé au sein du cabinet d'avocats Arzinger (Propos recueillis par Olena Tokar )
Fondée en 2002, Arzinger est l'une des principales principales structures indépendantes d'expertise juridique d'Ukraine.
Historiquement, comment les entreprises ukrainiennes franchissaient-elles les frontières à la recherche des capitaux? En particulier, quels marchés en Europe Occidentale servaient de lieu de rencontre ?
Il y a cinq ou six ans, le développement des sociétés a atteint le niveau qui permettait de se financer en faisant appel à des investisseurs en capitaux, tandis qu'auparavant elles n'avaient pas d'autre alternative que de passer par les banques et solliciter un crédit. Les entreprises ont donc pu lever des capitaux par le biais de placements privés, club deals, éventuellement en utilisant l'infrastructure des marchés non réglementés tels que l'AIM (Alternative Investment Market à Londres), à Francfort, Varsovie ou Vienne. Le succès de ces premiers placements en a attiré beaucoup d'autres. A l'époque, de nombreux investisseurs ac-ceptaient les niveaux de risque importants, les gains potentiels étant très élevés, on parle de chiffres de l'ordre de 100% annuels en 2006. Cette population d'investisseurs avait donc un grand appétit pour le risque et ne demandait pas grand chose de leurs cibles en termes de transparence et de qualité de gouvernance. Les choses ont changé depuis, et les investisseurs seront plus perspicaces sur ces questions, par conséquent, les entreprises devront se mettre à niveau.
Quelles sont les dernières évolutions de la législation ukrainienne pour la gouvernance d'en-treprise ? En d'autres termes, la loi donne-t-elle plus de protection des intérêts des actionnaires minoritaires par rapport aux actionnaires majoritaires fondateurs, qui peuvent en même temps être dirigeants ?
Depuis fin avril, nous avons une nouvelle loi sur les sociétés commerciales. Cette loi décrit les procédures à travers lesquelles les actionnaires, tous les actionnaires, peuvent participer aux décisions importantes concernant la vie des sociétés. Un type d'abus assez courant était la dilution, par exemple, lorsque la société procédait à une émission d'actions supplémentaires en dévalorisant la valeur de la participation des autres actionnaires. La nouvelle loi fixe une liste de décisions, notamment des opérations sur titre, pour lesquelles une majorité qualifiée est nécessaire. Les minoritaires peuvent donc se regrouper plus facilement pour bloquer les opérations qui ne sont pas favorables à leurs intérêts. Par ailleurs, voilà quatre ans, une loi sur les instruments et le marché financier a été adoptée. Elle précise les cas pour lesquels l'offre de rachat des participations minoritaires est obligatoire et en définit les modalités.
Parlons maintenant des pratiques. Peut-on constater des changements positifs en ce qui concer-ne la garantie et le respect des intérêts des actionnaires minoritaires ?
Le cas particulier où l'actionnaire est l'Etat ou une personnalité influente. Oui, il y a des évolutions positives. On constate qu'il faut environ deux ans entre l'adoption d'une nouvelle loi et les retombées visibles dans les pratiques. Un exemple : il y a deux ans, le Parlement a adopté une modification du Code du commerce. Consécutivement à ce changement, le tribunal compétant en matière de différends entre actionnaires est celui du lieu d'enregistrement de la société. Cela empêche qu'un actionnaire utilise le tribunal de son lieu de résidence quelque part dans les régions, réduisant ainsi la possibilité d'intervention des autres actionnaires. Autre évolution positive : il existe maintenant une vraie infrastructure de spécialistes (juristes, auditeurs, consultants) nécessaire pour mener à bien un projet de prise de participation. Il y a quatre ou cinq ans, on apprenait avec chaque nouveau dossier, alors qu'aujourd'hui il s'agit de toute une communauté des professionnels avec une expérience significative et reconnue.
Dans le prolongement de ce que vous avez exposé, pensez-vous qu'un marché réglementé français ou autre marché européen puisse être le prochain lieu de rencontre pour les entreprises et les investisseurs ?
En 2006, certaines entreprises commençaient à réfléchir à rejoindre un marché réglementé, ils réunissaient la taille critique et les attributs financiers adéquats. La crise financière a arrêté ces projets. Probablement, quelques-unes d'entre elles en sortiront très affaiblies, d'autres seront prêtes à continuer. Ce qui est sûr, c'est que les investisseurs seront beaucoup plus prudents et exigeants pour ce qui concerne les risques que j'ai évoqués. Un nouveau segment va apparaître, celui des sociétés qui représentent un risque plus modéré, apte à intéresser également un autre type des investisseurs étrangers : plus stratégiques, moins court-termistes.
Comment voyez-vous votre rôle personnel et ce-lui de votre cabinet dans ce processus ?
Il y a quand même encore beaucoup de chemin à faire pour satisfaire les attentes des investisseurs européens… Il existe deux types d'intervention. Le premier, consiste à aider nos clients ukrainiens à "devenir moins risqués" afin de pouvoir attirer un investisseur stratégique, plus grand, plus stable. On ne peut pas baisser le " risque pays " par exemple, mais on intervient au niveau de l'entreprise en améliorant sa transparence et sa gouvernance. Le deuxième type d'activité, se définit comme un travail de surveillance pour le compte d'investisseurs ambitieux afin de les avertir des soucis éventuels relatifs à leurs participations.
A votre avis, quels secteurs d'activité offriront le plus de perspectives dans les prochaines années aux investisseurs potentiels ?
La pénétration des différents produits et services en Ukraine reste faible par rapport au pays occidentaux, saturés. Le potentiel de profit reste donc très élevé pour la distribution, l'automobile, l'agro-alimentaire, et de manière générale tout ce que les gens consomment quand leur niveau de vie augmente. Par ailleurs, l'industrie chimique et le secteur métallurgique se révèlent très intéressants, puisque leurs exportations visent sur-tout l'Inde, le Proche-Orient et l'Afrique, donc des régions avec de fort potentiels de croissance à venir.
Propos recueillis par Olena Tokar
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Trois questions à Hélène Blanc et Renata Lesnik pour le 64e anniversaire de la fin de la Seconde guerre mondiale (par Perspectives ukrainiennes)
Hélène Blanc et Renata Lesnik, spécialistes de l'URSS et de la Russie et auteures du récent ouvrage Les prédateurs du Kremlin. 1917-2009 (Le Seuil, 2009), répondent aux questions de Perpectives ukrainiennes à l'occasion du 64e anniversaire de l'armistice de 1945.
Perspectives ukrainiennes: Le 9 mai 2009, l'Ukraine et la Russie célébreront la victoire alliée sur le nazisme. Que vous évoque cette date historique ?
H.B. et R.L.: Au-delà de cette victoire chèrement conquise, l'Ouest semble avoir oublié Yalta, qui a radicalement modifié le cours de l'histoire européenne et sa configuration géopolitique. Exsangue, l'Europe, qui n'était pas en état de refuser quoi que ce soit à Staline après l'héroïque résistance de Stalingrad et la prise de Berlin par l'Armée rouge, lui abandonna la quasi-totalité de l'Europe centrale et orientale. On peut dire que l'Empire soviétique, le Bloc communiste ont existé grâce à Yalta. À partir de là, le communisme soviétique a durement éprouvé les populations de ces pays en sonnant le glas de leurs libertés. Le " Bloc socialiste " s'est alors mué en une immense prison, un camp de concentration géant d'ethnies, de peuples entiers. Et ce jusqu'à la chute du Mur de Berlin qui, par un effet domino, entraîna les gigantesques bouleversements que l'on sait. Vingt ans après, nous avons, pour la première fois, porté un regard croisé sur la Russie et l'UE, dont l'élargissement aux pays ex-communistes a, une fois encore, redessiné la géopolitique de l'Europe.
Perspectives ukrainiennes: Des pays qui font aujourd'hui partie de l'OTAN et de l'UE…
H.B. et R.L.: Exact. Pourtant, dans l'Union à 27, des tensions se font jour entre " l'Europe des Quinze " et les Etats issus du Bloc communiste, qui sont loin d'avoir éliminé les séquelles des régimes totalitaires qu'ils ont subi durant quelque cinquante ans. Nous avons expliqué comment ils sont sortis du communisme tout en essayant d'épurer leurs polices politiques respectives - créées sur le modèle du KGB - en adoptant des lois dites de " lustration " (du latin " lustratio " qui signifie à la fois purification et réconciliation). Un processus méconnu, voire critiqué à l'Ouest. À tort ou à raison, toujours écartelés entre " décommunisation " et devoir de mémoire, ces dix nouveaux membres ressentent une incompréhension à l'égard de leur passé, leur histoire, de leur expérience spécifique. Ainsi, faute d'un " procès de Nuremberg " qui aurait pu démonter ces systèmes totalitaires, ils demandant un débat sur leurs crimes et leur condamnation au niveau international. En effet, la chute des régimes communistes de l'Est n'a été suivie ni d'une enquête exhaustive ni d'un débat sur leurs crimes. Ils n'ont jamais été clairement condamnés par la communauté internationale, comme cela a été le cas pour les crimes monstrueux commis au nom du national-socialisme... Or, la Vieille Europe se fait tirer l'oreille. Sans doute pour ne pas " froisser " la Russie, dont les lobbies deviennent de plus en plus puissants en Europe. Notre ouvrage veut instaurer une meilleure compréhension, une vraie solidarité entre les composantes est-ouest de l'Union
Perspectives ukrainiennes: Et la Russie dans tout ça ?
H.B. et R.L.: Aujourd'hui comme hier, le Kremlin censure l'histoire soviétique puisque, sous Poutine, les manuels enseignent toujours que l'URSS est entrée en guerre le 22 juin 1941 au lieu du le 17 septembre 1939, alors qu'elle était en guerre depuis 1939. Comme alliée d'Hitler. Mais, lorsque la Russie commé-more la Victoire, elle se réfère par omission à la Victoire sur l'Allemagne… À l'heure actuelle, en dépit des millions d'exemples illustrant les répressions et les crimes du soviétisme à l'encontre de citoyens innocents, la Russie se refuse à les reconnaître. Par conséquent, à l'instar des Russes, ces peuples n'ont à attendre ni repentance ni lustration d'un pouvoir déterminé à réhabiliter Staline ! Notre réflexion et nos analyses éclairent l'histoire russo-européenne de 1917 à 2009. Une histoire secrète riche en révélations, qui conditionne notre présent et notre avenir communs !
Photographie: Renata Lesnik (à gauche), Hélène Blanc (à droite) Copyright 2009 HB et RL.
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Madame Annick du Roscoät lauréate du Prix Ukraine Europe 2009 (Propos recueillis par Perspectives ukrainiennes)
Madame Annick du Roscoät, Présidente du Centre National des Indépendants et Paysans, Présidente du Haut Comité National de la Francophonie, Présidente de la Commission Malraux pour l'Europe de la Culture et Membre du Conseil Economique, Social et Environnemental, lauréate du Prix Ukraine Europe 2009 a répondu aux questions de Perspectives ukrainiennes.
Perspectives ukrainiennes: Quel regard portez vous sur l'Ukraine, pays qui célèbrera cette année le 18ème anniversaire de son indépendance ?
Annick du Roscoät: L'Ukraine et la France sont deux pays dont les liens sont nombreux. Le regard porté sur cette jeune nation, pourtant riche d'une culture séculaire, ne peut qu'être amical et fraternel. Un simple exemple : souvenons nous que la reine Anne de Kiev a épousé à Reims Henri 1er de France. C'est même elle qui introduisit le prénom de Philippe à la cour de France en le donnant à son fils aîné.
Au delà, l'Ukraine apparaît comme un pays qui, jour après jour, entend se tourner vers l'Europe dont elle est proche par l'Histoire et avec qui nous partageons des racines communes.
P.U.: Comment analysez vous les efforts déployés par l'Ukraine pour que le Holodomor soit reconnu internationalement ?
A.d.R.: Trop longtemps les crimes staliniens, ont été passés sous silence et ne sont pas suffisamment connus. Il était nécessaire que l'Ukraine accomplisse un devoir de mémoire pour rendre hommage aux victimes d'un effrayant génocide. Vous savez, je préside le plus ancien parti de la droite française, le Centre National des Indépendants qui a dans sa dénomination (CNIP) a gardé le mot " Paysans ". La culture de la terre, a donc toujours été importante pour nous. Le crime qui consiste a faire mourir de faim une population dont les terres étaient connues comme étant " le grenier à blé " de l'Europe est donc particulièrement effroyable.
C'est la raison pour laquelle l'un de nos députés, Christian Vanneste, a porté ce projet de loi mémoriel à l'Assemblée Nationale, qui a été l'un des fondements de la reconnaissance internationale de l'Holodomor, émise par le Parlement européen.
P.U.: Etes-vous favorable à un rapprochement de l'Ukraine avec l'Union européenne, et à terme, à son adhésion ?
A.d.R.: Comment ne pas souligner qu'il existe des liens géographiques entre l'Ukraine et l'Union Européenne !
Il ne s'agit pas pour l'heure d'envisager des rapprochements prématurés, mais de souligner et de témoigner que dans le concert des nations européennes, l'Ukraine de par sa position géographique, de par sa culture, de par son creuset judéo-chrétien, a plus de raison de souhaiter que d'autres, (et je pense notamment à la Turquie) un jour, sa participation à l'Union, dans un premier temps sous forme d'association.
P.U.: Tout au long du vingtième siècle, la France a accueilli plusieurs vagues d'immigration ukrainienne. Que vous inspire le parcours d'intégration des ukrainiens au sein de la République ?
A.d.R.: Une chose est certaine : l'immigration ukrainienne en France n'a jamais posé de problème et les exemples d'intégration (de Pierre Bérégovoy à Patricia Kaas) sont suffisamment forts et nombreux pour que l'on puisse reconnaître, qu'à l'instar des communautés italiennes ou portugaises, vos ressortissants et leur famille installés dans notre pays ont eu à cœur de partager notre culture et notre langue, tout en gardant leurs racines vivantes. Je sais aussi (et c'est la Présidente du Haut Comité National de la Francophonie qui parle) que dans votre pays la pratique du français, a su perdurer malgré les difficultés. Il s'agit d'un lien fort qu'il convient d'entretenir au mieux.
P.U.: Que pensez vous des difficultés rencontrées par les ressortissants ukrainiens souhaitant venir en France dans leur démarches d'obtention de visas ?
A.d.R.: C'est difficilement compréhensible. Que la France souhaite établir un contrôle à ses frontières, c'est bien normal. Mais que des Chefs d'entreprises, des étudiants qui désirent apprendre le français, des troupes de musique classique ou de chant choral, comme je le sais cela a été le cas, ne puissent venir dans notre pays faute d'un visa fourni en temps et en heure, ou pire encore se heurtent à un refus, c'est une aberration qui, je l'espère devrait se corriger très vite. Il y a lieu d'agir auprès des groupes d'amitié parlementaire qui existent entre nos deux pays et nous sommes, prêts pour notre part, à vous y aider.
27 avril 2009
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Les prédateurs du Kremlin (1917-2009) (par H. Blanc et R. Lesnik)
Que peut-on espérer de la Russie ? Que doit-on en redouter ?
Et peut-on encore empêcher les Prédateurs du Kremlin de phagocyter l’Europe ?
Pour ceux qui en doutaient encore, la guerre contre la Géorgie de l'été 2008 a bien montré la détermination néo-impérialiste du tandem Medvedev-Poutine visant en priorité les anciennes républiques soviétiques.
Avec eux, une dynastie KGB semble installée au pouvoir. Et les forces de répression, ces services secrets issus du soviétisme, plus fortes que jamais malgré le démantèlement du Bloc communiste, tiennent tous les rouages du nouvel empire.
Formidablement informées, Hélène Blanc et Renata Lesnik éclairent et analysent la genèse de ce règne sans partage.
De la Tchéka de 1917 au KGB-FSB de Poutine, elles dévoilent comment les services secrets ont servi les intérêts de l’URSS, de la Russie et du KGB tout en manipulant l’Occident. Les révélations sont nombreuses et touchent aussi bien à l’histoire occulte qu'à l’actualité la plus brûlante. De l’existence d’un sulfureux « rapport Béria » aux arcanes barbouzardes de l'Église orthodoxe, de Staline à Eltsine, de Lénine à Medvedev, des bolcheviks aux oligarques, en passant par les opérations spéciales menées par les services secrets contre l’Europe, les surprises s’accumulent.
Après le Livre noir du communisme, ce document explosif nous fait découvrir les dessous d’une Russie qui tente de diviser l’Union européenne, une Russie que nul ne peut souhaiter éternelle…
Hélène Blanc, docteur des Langues Orientales, politologue et criminologue au CNRS, dirige la revue européenne Transitions & Sociétés et préside l’association Magna Europa. Elle est la seule russologue du CNRS a être, depuis vingt ans, régulièrement invitée dans les médias européens comme analyste politique.
La dissidente Renata Lesnik, Moldave russophone diplômée de l’université Lomonossov de Moscou, réfugiée politique en France, s’est affirmée comme la meilleure spécialiste de l’URSS, de l’ex-URSS et de l’ancien Bloc communiste.
Ensemble, leurs travaux, leurs conférences, leurs ouvrages de vulgarisation visent à informer les opinions et les pouvoirs publics français et européens. Elles sont parmi les rares experts à ne pas s'être trompées dans leurs analyses ou leurs pronostics.
Reconnu depuis une trentaine d’années, au niveau européen, comme l’analyste lucide, courageux et pertinent du monde slave, le duo Blanc-Lesnik, surnommé l’aigle à deux têtes de la russologie, a signé ensemble ou séparément une quinzaine d’ouvrages majeurs sur la Russie réelle et la Grande Europe.
En librairie le 5 mars 2009:
Hélène Blanc et Rénata Lesnik, Les prédateurs du Kremlin (1917-2009), Paris, Editions du Seuil, 2009. ISBN : 9782020993913 EAN : 9782020993913
Mise en ligne de la 4e de couverture le 8 février 2009
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